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coup de pioche

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28 septembre 2007

"Disclaimer" comme on dit...

Je ne saurais en aucun cas être tenu pour responsable du contenu des sites auxquels renvoient les liens affichés en haut de la page. Ceux-ci sont des liens publicitaires imposés par le diffuseur du blog. Je constate que certains renvoient parfois à des sites sectaires ou commerciaux. Je vous invite simplement à ne pas cliquer sur ces liens.

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27 septembre 2007

Devoir des STG B (2)

Correction (suite)

 

 

 

 

 

III : Un humour grinçant

 

  1) Que pensez-vous de l'emploi du terme « héros » ligne 14 et 17 ?


  Pour bien commenter l'emploi du terme, il convient tout d'abord d'examiner son environnement immédiat. A la ligne14, l'expression complète est : « les besoins naturels de quelques héros ». À première vue, cette allusion semble déjà étrange : traditionnellement, le héros est un surhomme aux valeurs élevées, c'est un être supérieur et il n'est jamais fait allusion à ses « besoins naturels » car le héros est par définition éloigné de la nature. Mais, pour qui connaît la guerre et ses usages, les besoins naturels en question sont clairs et ils n'ont rien d'héroïques : les jeunes filles ont été violées avant d'être « éventrées », Malheur aux vaincus ! La phrase devient alors paradoxale et l'emploi du terme « héros » est antinomique, c'est « lâche et vil individu » qu'il fallait dire car le héros ne peut céder aux pulsions les plus bestiales de l'homme. Dès lors, la seconde occurrence du mot « héros » (l.18) doit s'interpréter de la même manière, l'auteur l'emploie visiblement à contresens : il reprend la terminologie classique du langage guerrier, où l'on parle de « héros », et la ridiculise en faisant allusion aux actions les plus basses des hommes vulgaires qui constituent une armée. Ce procédé qui consiste à laisser entendre sous un mot le contraire de ce qu'il veut habituellement dire est tout simplement l'ironie.

 2) « une harmonie telle qu'il n'y en eût jamais en enfer », « cette boucherie héroïque » : qu'y a-t-il de particulier dans ces figures de style ? quel effet provoque-t-elle chez le lecteur ?


  Après avoir rappelé ce qu'était un héros et donc l'héroïsme, il apparaît évident que la boucherie, pour noble que ce soit cet artisanat, ne peut en aucun cas être une activité héroïque, encore moins quand « boucherie » signifie en réalité « massacre des innocents ». Il y a donc dans ce groupe nominal une opposition fondamentale : c'est un oxymore.

  Quant à la première expression, elle rassemble elle aussi en son sein deux mots absolument opposés : l'harmonie est normalement une caractéristique du paradis, tandis que l'enfer est caractérisé par la cacophonie et les hurlements. Là aussi il y a antinomie, et les deux expressions étudiées sont complètement paradoxales.

Devant de tels paradoxes qui confinent à l'absurdité, le lecteur est normalement amené à sourire, voire à rire. Là aussi il a reconnu l' « harmonie » tant vantée des marches et musiques militaires, alors qu'en réalité, un champ de bataille n'est rien d'autre qu'un « enfer ». C'est encore le rire voltairien qui est à l'oeuvre ici.

 

 3) Les Te Deum sont des chants de grâce adressés à Dieu pour obtenir une faveur. Qu'y a-t-il de paradoxal dans la situation décrite ligne 9 ? Quelle réaction et quelles réflexions l'auteur veut-il ici faire naître chez le lecteur ?

Là aussi un minimum de culture est nécessaire pour comprendre la phrase, mais enfin, cela est parfaitement la portée d'un élève de première. Vous avez tous déjà entendu des expressions comme « nous vaincrons avec l'aide de Dieu », qu'il s'agisse des combats du haut Moyen Âge ou des guerres modernes menées aujourd'hui, les belligérants semblent toujours persuadés que Dieu sera de leur côté. Ici, il faut imaginer les deux armées célébrant la même messe, implorant le même Dieu, communiant la même hostie « chacun dans son camp », avant d'aller s'entre-tuer avec la même bénédiction. On peut premièrement en rire. Mais très vite on s'interroge : Quel est ce Dieu ? Quelle est cette religion ? Qui sont ces prêtres hypocrites et opportunistes ? Manifestement, c'est l'Église et sa participation aux manoeuvres politiques les plus basses qui est ici visée.

 

IV : Identifiez le registre présent dans ce texte. Justifiez vous.

Cette question est un véritable bonus. Nous avons déjà parlé de l'ironie de Voltaire, vous pouviez donc sans difficulté justifier de la présence du registre ironique. Les nombreuses et violentes critiques présentes dans le texte justifient l'emploi du terme satirique voire polémique. Et si certains d'entre vous ont été sensibles à l'horreur décrite pourquoi ne pas parler de registre pathétique ? si au contraire ce texte vous a fait rire, vous pouviez évoquer le registre comique. L'essentiel était de justifier clairement vos choix.

26 septembre 2007

Correction du devoir des STG B (1)

Conseils méthodologiques élémentaires :

 

 -- vous devez avant toute chose prendre connaissance des questions qui vous sont posées. Celles-ci vous guideront dans votre lecture et permettent souvent de déterminer des axes d'étude. ), Pensez à les garder en mémoire comme grille d'analyse puis lisez le texte.

-- pour les mêmes raisons il est préférable de répondre aux questions dans l'ordre. Celui-ci n'est pas aléatoire. Il a été étudié pour vous guider dans votre progression.

-- vos réponses doivent impérativement être rédigées avec une syntaxe est une orthographe correcte et des connecteurs logiques qui guideront le correcteur.

-- vos affirmations doivent impérativement être justifiées. Les citations du texte doivent se faire entre guillemets, elles doivent être brèves est bien choisies. Vous pouvez le cas échéant noter les numéros de ligne (l.. 12 -- l. 27). Le titre d'une oeuvre doit impérativement être souligné : Candide, Les Fleurs Du Mal. Tout manquement à ces règles est sanctionné.

-- n'oubliez pas que vous êtes en première. Vos réponses doivent être développées, riches et détaillées. Une ligne en guise de réponse ne vaut jamais plus d'un quart de point.

-- à l'épreuve de français du bac, vous aurez à répondre à une ou deux questions. Vous disposerez d'une heure pour se faire et votre réponse s'étendra au moins sur une page.

 

Correction :

 

 II : un texte critique

 

 1) Montrez que Voltaire poursuit sa critique de la philosophie de Leibniz.

 Cette question vous invitait tout d'abord à reconnaître les expressions caractéristiques de Pangloss que nous avions découvertes dans l'incipit : « meilleur des mondes » (l. 4), « la raison suffisante » (l.5), « des effets et des causes » (l. 10). Par ailleurs, la figure du philosophe est raillée à la ligne huit : celui-ci est présenté comme un lâche qui « tremble » devant l'horrible réalité. Enfin, à l'évidence, le massacre qui nous est dépeint est loin de correspondre à une vision du « meilleur des mondes ».

 

 2) Que critique encore Voltaire dans ce texte ?

 C'est bien sûr la guerre qui est critiquée, et cela sous plusieurs de ce qui ses manifestations. En tant que spectacle tout d'abord : jusqu'en 1914, la guerre reste une cérémonie, un théâtre, une parade ; on n'y promène ses plumes, ses costumes, ses paillettes, et le tout en musique ! Pour « beau » que soit ce spectacle, il n'en est pas moins une « boucherie ». Et ce n'est finalement qu'une absurde « harmonie... en enfer ». C'est aussi l'effroyable gâchis et le mépris de la vie humaine qui est dénoncée : 30 000 morts, c'est énorme, mais l'expression « le tout pouvait bien se monter à » évoque plutôt l'estimation négligente d'un épicier qui estimerait « à la louche » la valeur d'un tas de pommes de terre. Cette horreur est légale : « les lois du droit public » autorisent toutes les atrocités qui sont décrites des lignes 12 à 16.

 

 3) Dans quel but de l'auteur accumule-t-il les détails de la ligne 12 à 16 ?

 Pour répondre à cette question, il suffit de faire confiance à vos sentiments de lecteur. Qu'avez-vous ressenti ? Qu'avez-vous éprouvé à la lecture de ce passage ? A l'évidence, la première intention est de choquer par l'accumulation de détails atroces : vision de sang et d'entrailles (« égorgés », « sanglantes », «  éventrées », « cervelles »), « membres palpitants », « bras et jambes coupées ». Le scandale est complet, tous les tabous ont été brisés : filles violées, enfants et vieillards massacrés. La désolation est totale, tout n'est plus que « cendres ». L'émotion qui naît spontanément est la pitié : nous pouvons mêler nos pleurs aux cris et aux « soupirs ».


 

A suivre...

26 septembre 2007

Fontenelle et l' Histoire des Oracles

Je ne m'étendrai pas longuement sur la vie de Fontenelle. Je vous renvoie à l'article de wikipedia (piraté cette nuit ! J'espère que ce n'est pas vous !).

Il est évidemment remarquable par sa longévité (1657 -- 1757). Nous en retiendrons que ce fut, plus qu'un « honnête homme », un « bel esprit » brillant, subtil, et plaisant, tant dans les lettres que dans les sciences. Je vous rappelle à ce sujet que ces deux domaines furent longtemps indissociables. La distinction « littéraire /scientifique » ne date que du XXe siècle avec l'apparition des filières du baccalauréat. Victor Hugo était ainsi destiné à l'école polytechnique, tandis que son frère Eugène aurait dû être écrivain. Louis de Broglie, le père de la mécanique ondulatoire, était destinée au métier d'écrivain tandis que son frère se consacrait à la physique. Jusqu'au XXe siècle, on fait ses « humanités » en classe de philosophie ou de rhétorique.

Son intelligence fut tôt reconnue puisqu'à 34 ans il entre à l'Académie française et à 42 à l'Académie des sciences. Cette dernière consécration n'eut pas lieu sans mal, nous allons voir pourquoi.

Dès 1682, il publie une utopie intitulée La République Des Philosophes dans laquelle un hôte européen en voyage dans cette république imaginaire vante les mérites de la religion chrétienne. Il s'ensuit une dispute (discussion argumentée, exemple : la controverse de Valladolid) au cours de laquelle les philosophes parviennent à convaincre l'européen que son Dieu n'est pas indispensable à l'existence de leur république. C'est donc une apologie d'une démocratie radicale, matérialiste, et athée. On imagine sans mal à quel point un tel ouvrage est révolutionnaire et dangereux au XVIIe siècle.

En 1686, dans son ouvrage Entretien Sur la pluralité des mondes, il vulgarise la théorie copernicienne et soutient indirectement Galilée.

En 1687 paraît Histoire Des Oracles qui avaient été précédés de De L'Origine Des Fables. Le sujet de cet ouvrage peut nous paraître bien anodin, il s'agit en effet de contester l'opinion répandue à l'époque selon laquelle les "miracles" de l'Antiquité grecque et les oracles de Delphes étaient l'oeuvre du démon et que l'arrivée de Jésus-Christ y avait mis un terme. Il va montrer, en appliquant une méthode et une logique cartésienne, que leur disparition est sans rapport avec l'arrivée du Messie, et que de plus, tous ces prodiges ne sont que des mystifications organisées et propagées par les prêtres grecs et les pythies auprès d'un peuple crédule. Vous connaissez, avec Voltaire, ce procédé qui consiste à déplacer un raisonnement loin dans le temps et dans l'espace, vous devez donc comprendre le danger qu'il y a à appliquer la démonstration de Fontenelle à l'univers chrétien du XVIIe siècle ! C'est ce que certains de ses contemporains ne se priveront pas de faire. L'Église s'en inquiétera, et Fontenelle se défendra en prétendant qu'il n'avait jamais dit que ce qu'il avait dit et que ceux qui y voyaient malice avaient l'esprit bien mal tourné. On le laissera tranquille, mais son livre ne sera pas réédité.


26 septembre 2007

Au Boulot !

Certains d'entre vous se croyaient déjà en vacances. C'est raté !

Dès aujourd'hui, les cours reprennent avec Mme Magali Vinel. Elle est professeur de français, et me remplacera efficacement. Je vous demande bien l'accueillir.

Nous nous sommes entretenus hier de la suite à donner à vos cours.

 

En ce qui concerne les BTS, ceux-ci vont continuer sur le thème du langage. Les oraux sont toujours prévus pour samedi sur le thème du et  des créole(s). De mon côté je m'efforcerai de mettre en ligne quelques articles sur l'évolution des langues en général. Sur le plan méthodologique, Mme Vinel continuera le travail de la synthèse.

 

Pour ce qui est des premières STG B, elle continuera l'étude de Candide. Elle abordera aussi la définition de l'épreuve de commentaire au bac écrit. Par ailleurs, je vous informe qu'il y aura un contrôle de lecture à la rentrée sur l'oeuvre intégrale, vous devrez donc l'avoir lu et la connaître. Enfin je vais rapidement mettre en ligne un corrigé du devoir que vous avez eu mercredi, ainsi vous pourrez déjà évaluer votre travail pendant que vous vous souvenez encore de celui-ci.

 

Pour les premières générales, nous allons terminer la lecture méthodique de "la dent d'or" en ligne. Je vous demande de faire ce travail pour que nous ne prenions pas de retard, actuellement nous sommes dans les temps. Vous allez commencer dès aujourd'hui un nouveau et dernier texte du corpus consacré au XVIIIe siècle, vraisemblablement « De l'esclavage des nègres » de Montesquieu. Vous ferez sans doute aussi l'étude d'une gravure (frontispice de l'encyclopédie) dont je mettrai les diverses analyses en lignes. Enfin, vous allez recevoir un sujet de dissertation et un corpus de textes supports. Vous étudierez la méthodologie de ce travail avec votre professeur et vous me rendrez vos copies à la rentrée. Vous pourrez me soumettre vos propositions de plan par courriel : je les corrigerai et vous donnerai des conseils.

 

Encore une fois, je vous invite tous à déposer sur ce blog toutes vos questions, toutes vos réflexions, de manière à stimuler nos esprits, à partager vos remarques et vos difficultés. De mon côté, j'apporterai des documents, des réflexions, pour vous permettre d'élargir vos recherches. Consultez-le le plus régulièrement possible.

 

Bon travail.

 

P. Y. J.

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25 septembre 2007

Bulletin de santé du soir (espoir)

Je suis très touché de la sollicitude dont vous avez fait part dans vos premiers commentaires. Ainsi, pour vous rassurer, je vous communique les dernières nouvelles médicales.Ceux qui se destinent aux études de médecine apprécieront.

Étape un : nous appellerons P (comme pioche) l'objet en mouvement dans un référentiel galiléen.L'opérateur I (comme un imbécile) lui communique une énergie cinétique certaine (E.) à t=0. Mû par une vitesse angulaire appréciable, celui-ci vient rebondir sur son objectif initial (S. comme souche). Nous négligeons ici le coefficient de frottement. La déviation angulaire alpha l'amène à sa destination finale T (comme tibia).l'énergie cinétique de P. est immédiatement transformé en chaleur, en une vibration fort désagréable qui se propage le long de T.,et l'opérateur I. se retrouve par terre à t=0 + pas grand-chose.
Etape deux: transport aux urgences (rapide)
Etape trois : attente aux urgences (très, mais alors très, lent). J'ai mal.
Étape quatre : arrivée du Dr.Examen de la plaie : une petite artériole gicle sur sa blouse : Dr pas content.Impossible de suturer l'artériole et d'examiner la plaie. Les radios sont rassurantes : pas de fracture. Le docteur suture la plaie par dessus l'hémorragie, le sang s'écoule sous la peau, le pied gonfle et prend une jolie couleur bleuâtre.
Étape cinq : aïe !
Étape six : jolie couleur violette...
Étape sept :... Qui tire aussi sur le verdâtre

 

...
Étape dix : le pied est toujours gonflé et présente des nuances assez subtiles, allant du jaune hépatite au vert de gris moisi. Pas d'odeur suspecte.

Perspectives d'avenir
: mon pied va dégonfler progressivement et reprendre des couleurs humaines. Je devrais pouvoir conduire d'ici quelques jours. Je vais donc pouvoir bientôt retrouver le lycée, et ce ne sera pas trop tôt.

 

Je déteste le jardinage.

25 septembre 2007

Rapide panorama du XVIIe siècle

 

Destinataires: 1S / 1ES

 

 

 

Il serait illusoire d'imaginer que le XVIIIe siècle commence en 1701 et que le siècle classique se termine en 1700. Bien entendu, dans l'histoire des idées, les choses ne sont jamais aussi tranchées.

 

Le bel esprit classique se poursuit au XVIIIe siècle, tandis que la pensée critique est déjà présente au XVIIe.

 

 

 

Il n'est donc pas inutile de rappeler deux ou trois dates importantes dans l'évolution de la pensée scientifique et de la raison. Bien que le XVIIe siècle soit fondé sur le respect des Anciens, notamment des philosophes grecs comme Aristote, et sur l'absolue obéissance au dogme de l'Église, plusieurs événements vont venir perturber le beau monde immobile du siècle Classique :

 

 -- en 1628, l'anatomiste anglais Harvey met en évidence la circulation sanguine. Cette découverte restera confidentielle car elle s'oppose aux théories de Galien sur les quatre humeurs du corps humain défendues par l'église. 

 

 -- en 1633, Galilée est condamné pour avoir osé remettre en cause l'ordre héliocentrique défendu par l'église. Il n'échappe au bûcher qu'en se rétractant. Cette négation de l'esprit scientifique sera un véritable traumatisme pour tous les hommes de raison du XVIIe.

 

 -- en 1637, le philosophe Descartes publie son ouvrage Discours de la méthode « pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les Sciences ». C'est une véritable théorie de la pensée dans laquelle Descartes se propose, ni plus ni moins, que de tout reconstruire. Il soumet tout au Doute, menant une vraie politique de la table rase, dédaignant la mémoire et le respect de l'Antiquité. Son principe est le suivant : « ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment pour tel ». À partir de là, il soumet tout à l'ordre et à la raison, pour en arriver à sa première proposition : « cogito ergo sum », la seule et unique certitude est que quelque chose pense et ce quelque chose je l'appelle « Moi ». Bien que telle n'était pas son intention au départ, la méthode cartésienne fait l'économie de l'existence de Dieu. Il sera poursuivi pour ce libertinage d'esprit, mais sa méthode va marquer le monde.

 

 

 

Ainsi, dans un XVIIe siècle où semble triompher l'église, l'Université tant raillée par Rabelais et sa langue latine, tandis que des affaires comme celle des Poisons ou des possédés de Loudun mènent au bûcher plus de sorcières qu'on n'en brûlera jamais et voient triompher superstition et obscurantisme, on aperçoit déjà les lumières du XVIIIe siècle allumées par des savants perspicaces et soutenues par la méthode d'une philosophie révolutionnaire rédigée pour la première fois en français.

 

25 septembre 2007

Texte intégral de "la dent d'or"

 


"Première dissertation

 

Chapitre quatrième

 Que les histoires surprenantes qu’on débite sur les oracles doivent être fort suspectes.

 

 
Il serait difficile de rendre raison des histoires et des oracles que nous avons rapportés, sans avoir recours aux démons ; mais aussi tout cela est-il bien vrai ? Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait ; mais enfin nous éviterons le ridicule d’avoir trouvé la cause de ce qui n’est point.
Ce malheur arriva si plaisamment sur la fin du siècle passé à quelques savants d’Allemagne, que je ne puis m’empêcher d’en parler ici.
 « En 1593, le bruit courut que, les dents étant tombées à un enfant de Silésie âgé de sept ans, il lui en était venu une d’or à la place d’une de ses grosses dents. Horstius, professeur en médecine dans l’université de Helmstad, écrivit, en 1595, l’histoire de cette dent, et prétendit qu’elle était en partie naturelle, en partie miraculeuse, et qu’elle avait été envoyée de Dieu à cet enfant pour consoler les chrétiens affligés par les Turcs ! Figurez-vous quelle consolation, et quel rapport de cette dent aux chrétiens ni aux Turcs ! En la même année, afin que cette dent d’or ne manquât pas d’historiens, Rullandus en écrit l’histoire. Deux ans après, Ingolsteterus, autre savant, écrit contre le sentiment que Rullandus avait de la dent d’or, et Rullandus fait aussitôt une belle et docte réplique. Un autre grand homme, nommé Libavius, ramasse tout ce qui avait été dit de la dent, et y ajoute son sentiment parti­culier. Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu’il fût vrai que la dent était d’or. Quand un orfèvre l’eut examinée, il se trouva que c’était une feuille d’or appliquée à la dent, avec beaucoup d’adresse : mais on com­mença par faire des livres, et puis on consulta l’orfèvre. »
Rien n’est plus naturel que d’en faire autant sur toutes sortes de matières. Je ne suis pas si convaincu de notre ignorance par les choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison. Cela veut dire que, non seulement nous n’avons pas les principes qui mènent au vrai, mais que nous en avons d’autres qui s’accom­modent très bien avec le faux.
De grands physiciens ont fort bien trouvé pourquoi les lieux souterrains sont chauds en hiver, et froids en été. De plus grands physiciens ont trouvé depuis peu que cela n’était pas.
Les discussions historiques sont encore plus susceptibles de cette sorte d’erreur. On raisonne sur ce qu’ont dit les historiens ; mais ces historiens n’ont-ils été ni passionnés, ni crédules, ni mal instruits, ni négligents ? Il en faudrait trouver un qui eût été spectateur de toutes choses, indifférent et appliqué.
Surtout quand on écrit des faits qui ont liaison avec la religion, il est assez difficile que, selon le parti dont on est, on ne donne à une fausse religion des avantages qui ne lui sont point dus, ou qu’on ne donne à la vraie de faux avantages dont elle n’a pas besoin. Cependant on devrait être persuadé qu’on ne peut jamais ajouter de la vérité à celle qui est vraie, ni en donner à celles qui sont fausses."

Histoire des oracles, Fontenelle; 1687

 

 

25 septembre 2007

Avant-Propos

" Il faut cultiver notre jardin", disait Candide. Certes, mais quand on a deux mains gauches, il vaut mieux s'abstenir...
Cette erreur d'interprétation me condamne à rester immobilisé encore quelques temps chez moi. En attendant de vous retrouver, je vous propose d'entamer un nouveau travail dont l'objectif sera double.

 

Destinataires: 1S / 1ES

 

 

Nous allons travailler sur le texte " la dent d'or" de Fontenelle.

 

Le premier objectif sera d'en faire une lecture méthodique. Pour cela, je vais vous fournir le plan d'étude et vous ferez l'analyse du texte, seul ou en groupe.
À l'aide de ce premier travail, nous pourrons atteindre le deuxième objectif : réaliser un commentaire composé, épreuve de type Bac. Vous rédigerez ce commentaire seul et vous me le rendrez à la fin de la semaine prochaine.

 

Le but du commentaire composé est similaire à celui que j'ai poursuivi dans mes lectures méthodiques jusqu'à présent: il s'agit de rendre compte d'un texte dans toute sa complexité, il faut donc montrer que l'on a compris le sens premier du texte, le sens littéral, mais également qu'on en a saisi toutes les implications et les subtilités. Pour cela, il convient d'identifier les enjeux du texte, c'est-à-dire les visées poursuivies par l'auteur. Que veut-il me faire comprendre ? Que veut-il que j'éprouve ? Quels sont ses intentions avérées ou secrètes ? Quels moyens lexicaux ou stylistiques met-il au service des buts qu'il poursuit ?
Le commentaire composé, comme la lecture méthodique, montre que vous avez saisi les intentions de l'auteur et que vous avez identifié les procédés qu'il utilisait au service de ces dernières. Nous verrons en détail la méthodologie du commentaire dans la deuxième partie du cours. Vous pourrez également vous aider de la méthodologie présente dans votre manuel des pages 428 à 436.

24 septembre 2007

Bienvenue dans la Blogosphère

Nous y voilà.

 

Je ne pensais pas avoir un jour à venir noyer mes pensées parmi un océan de pensées anonymes (angoisse). Mais les circonstances, en l'occurrence un stupide accident de jardinage, m'y contraignent aujourd'hui. Finalement, ce blog (quel affreux mot) m'apparaît comme le meilleur moyen de maintenir le contact avec mes élèves et d'offrir un terrain interactif de travail.
On n'y trouvera pas l'expression de mon intime. Pas le déballage de mes sentiments ou de mes turpitudes affectives.
Inutile non plus d'y chercher une quelconque expression de mes opinions politiques ou religieuses, à supposer que j'en ai.
En revanche, on n'y trouvera un guide de travail personnel, des méthodologies, des références, des liens, et le plus d'informations possibles pour parvenir à saisir ce qui est actuellement notre travail : « comprendre l'esprit des lumières ».

 

On y trouvera aussi, je pense, des réflexions spontanées, des idées, bonnes ou mauvaises, des interrogations, des réflexions gratuites, absurdes, ou provocantes. On y trouvera en fait tout ce qui fait le quotidien d'un individu condamné à l'immobilité et à la solitude, tant l'oisiveté est la mère de tous les vices, à commencer par celui de la pensée gratuite.

 

Enfin, j'espère que l'on y trouvera vos réflexions, vos commentaires, vos incompréhensions, vos contestations, bref le témoignage de votre esprit en action, donc en progrès.

 

N'hésite donc pas élève - lecteur à venir mettre ton grain de sel, quelle que soit ta syntaxe, pourvu qu'il soit constructif et nous aide tous, moi y compris, à progresser.

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